
Entre schistes rouges et granit bleu, la lande de Bretagne peu à peu défrichée a fait place au XVème siècle à une plante nouvelle, le sarrasin originaire de l'hymalaya et cultivé en Chine dés le 5ème siècle, son histoire est une vraie légende...

Bien que défrichée, cette terre de Brocéliande n'en restait pas moins pauvre et aride, et les céréales n'y poussaient que difficilement. Pendant des siècles, les paysans Bretons peinèrent fort pour y faire pousser le Blé. Jusqu'au jour ou, de retour des Croisades, leurs seigneurs rapportèrent une curieuse plante : cousine de l'oseille, elle portait une graine dont la forme évoque celle de la graine du hêtre.
Quant à sa couleur noire, elle lui valut bien vite, en ces temps de guerre contre le sombre Infidèle, le nom de Sarracenus, autrement dit Sarrasin.

Le Sarrasin compense un rendement plutôt faible en se contentant de terres pauvres et acides. Polygonacée à cycle court, surnommée également "plante des 100 jours", le blé noir (gwinigh du en breton) ne fournit pas seulement de la farine, mais aussi du fourrage, de la litière, de l'engrais vert et est l'une des meilleures plantes méllifères. Avec autant de qualités, le sarrasin conquit la Bretagne, activement aidé en cela par la duchesse Anne, désireuse d'assurer des récoltes mêmes aux plus démunis des sujets de son duché (à son apogée vers 1862 plus de 350 000 hectares étaient cultivés en Bretagne). Sur les landes de Brocéliande on vit apparaître des parcelles fleuries de rose et de blanc, et l'ordinaire du paysan se trouva enrichi de deux mets fondamentaux : la Galette et la bouillie de Blé Noir.
Riche en protéines mais pauvre en lipides, la farine de Blé Noir est la seule qui ne contienne pas de gluten. Par contre elle est très riche en matières minérales (magnésium, calcium, phosphore et potassium) et acides aminés, le tout indispensable pour assurer une alimentation équilibrée et revitalisante.